Soutenance de thèse - Mathieu Kalyntschuk

Entre agricolisation et pastoralisation.
Histoire sociale du développement agricole et de ses acteurs dans le département du Doubs, 19e siècle-première moitié du 20e siècle

Discipline : Histoire

Samedi 10 décembre 2011, à 9h00
à l’Institut des sciences de l’homme (ISH)

salle Marc Bloch, 4e étage
14 avenue Berthelot, 69007 Lyon

 

Jury

Claude-Isabelle Brelot, Professeur d’histoire émérite, Université Lumière Lyon 2, examinateur

Jean-Luc Mayaud, Professeur d’histoire, Université Lumière-Lyon 2, directeur de la thèse

Jean-Marc Olivier, Professeur d’histoire, Université Toulouse 2-Le Mirail, rapporteur

Catherine Vuillermot, Maître de conférences-HDR en histoire, Université de Besançon,
examinateur

Serge Wolikow, Professeur d’histoire, Université de Bourgogne-Dijon, examinateur


Comptant sur votre présence, je vous prie de croire, Madame, Monsieur, chers collègues, chers étudiants, en l’expression de mes salutations cordiales et dévouées,

Jean-Luc Mayaud
Directeur du LER


Résumé

« Nulle part n'existe un aussi grand nombre d'agronomes qui consacrent leurs talens et leurs veilles à découvrir et à répandre les vérités utiles, ni un aussi grand nombre d'excellens ouvrages sur l'agriculture, et nulle part il n'y a un aussi grand nombre de fermiers ignorans et incapables de comprendre ce qu'il leur importeroit le plus d'apprécier ».
Tel est le panorama de l’agriculture française dressé en 1821 par Désiré Ordinaire, membre de la Société d’agriculture du Doubs. Cette image d’une France agricole peu capable d’innovation – à l’exception des grands propriétaires agronomes – est longtemps restée ancrée dans la pensée des chercheurs, qui trop souvent ont considéré que l’agriculture a commencé à se développer avec le productivisme des années 1960.
Selon nous, le « développement agricole » est pourtant un processus plus ancien, qui trouve ses fondements dans des initiatives individuelles ou collectives parfois précoces. Après avoir précisé le concept de « développement agricole », nous nous sommes donc appliqués à démontrer qu’au 19e siècle déjà, l’agriculture française est dynamique. L’exemple du département du Doubs permet alors d’étudier les modalités du passage à la spécialisation pastorale. L’analyse des acteurs du développement agricole au cours des 19e et 20e siècles, adossée aux méthodes prosopographique et micro-historique, autorise à proposer des éclaircissements sur les changements du monde agricole et sur leur chronologie.
Au final, le suivi de plus de 800 individus – membres de la Société d’agriculture, des comices et des chambres consultatives, des syndicats et des mutuelles, ou encore des lauréats de certains concours – permet de préciser et de périodiser l’émergence des élites agricoles, acteurs du développement. Ces élites n’ont pas forcément fait le choix de la spécialisation pastorale, révélant ainsi un processus complexe entre agricolisation et pastoralisation.


Abstract


« There is nowhere such a large number of agronomists who devote their talents and their days to discover and spread useful truths, nor such a large number of excellent works on agriculture, and there is nowhere such a large number of ignorant farmers, incapable of understanding what it would be important for them to appreciate ».
Such is the panorama of French agriculture drawn up in 1821 by Désiré Ordinaire, member of the Agricultural Society of the Doubs. This picture of agricultural France with little ability to innovate – except for the great landowner agronomists- has long been fixed in the minds of researchers, who have often considered that agriculture started to develop with the high productivity of the 1960s.
We believe that « agricultural development »is, however, an older process, rooted in individual or collective initiatives which were sometimes very early. After clarifying the concept of « agricultural development », we therefore seek to prove that French agriculture had already been dynamic during the nineteenth century. The example of the Doubs department enables us to study how it moved on to pastoral specialization. The analysis of the actors of the agricultural development during the 19th and 20th centuries, backed by prosopographical and micro-historical methods, allows us to throw light on the changes in agriculture, on their chronology.
Finally, the monitoring of over 800 people – members of the Agricultural Society, of the country fair and consultative chambers, of the trade unions and mutual insurance companies, or else prizewinners – enables us to specify and date the periods when the agrarian elite, the actors in this development, emerged. This elite did not necessarily choose pastoral specialization, thus showing a complex relationship between agriculturalisation and pastoralization. 

 

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