Della-Vedova Gilles*

Les acteurs du développement rural en Isère (19e-20e siècles)

Thèse pour le doctorat d'histoire
Directeur : Jean-Luc Mayaud
Agrégé d'histoire - enseignement secondaire
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Projet de thèse

Le projet de thèse s’inscrit dans le prolongement du master 2, lequel constituait les prolégomènes d’une problématique et d’une recherche destinés à être élargis. Si le master était circonscrit, le titre de la thèse se veut résolument ouvert. C’est le cas, en particulier, avec l’utilisation de la notion d’acteurs. Il s’agit d’intégrer tous ceux qui eurent un rôle dans le développement rural. En premier lieu, cela concerne des individus c’est-à-dire l’ensemble des populations pour lesquelles leur inscription dans des réseaux sociaux, notamment familiaux, serait à dégager. Pour appréhender finement ce maillage,  le terrain d’analyse restera centré dans le canton de Villard-de-Lans. Par ailleurs, les acteurs extérieurs au canton seraient à intégrer qu’il s’agisse des forains et des émigrés mais également des notables extérieurs à l’espace des Quatre Montagnes. Enfin, la notion d’acteurs inclurait l’ensemble des structures ayant un rôle dans le développement rural du canton. À côté des organisations comme la station d’élevage ou les syndicats agricoles, les ébauches d’entreprises comme les premières fruitières pourraient être prises en compte. N’y aurait-il pas également à glaner vers l’influence de la presse, de la publicité et des représentations qu’elles véhiculent et qui contribueraient à l’orientation touristique progressivement en expansion sur le plateau du Vercors au vingtième siècle ?

En utilisant l’expression de développement rural, nous souhaiterions prendre en compte le contexte économique et social. L’étude d’une période de croissance exceptionnelle, ponctuée par des dépressions et des crises économiques permettrait de voir les réactions et les anticipations des populations, les stratégies qu’elles mirent en œuvre. Y a-t-il renouvellement des acteurs dynamiques ou assiste-t-on à un subtil passage d’une activité à l’autre au sein d’un monde adonné à la polyculture et dont les membres sont habitués à glisser d’une activité à l’autre pour assurer leur survie économique et sociale ? C’est la raison pour laquelle, plutôt que d’envisager une approche dans une seule filière il serait plus pertinent, plus conforme à ce que laissèrent entrevoir les sources, d’inclure les autres activités qui firent la fortune du canton de Villard-de-Lans c’est-à-dire le bois, mais également le tourisme.

Enfin, envisager l’Isère ne saurait être interprété comme un cadre. Plutôt qu’envisager un territoire avec des limites, la notion géographique d’espace est plus pertinente. Les centres d’impulsion seront à retrouver, par-delà le canton de Villard-de-Lans, dans un emboîtement des échelles, de l’arrondissement au continent européen, voire même mondial. L’objectif est de parvenir à saisir l’entrelacs social dans leurs dynamismes intérieurs et extérieurs. Pour cela, les nœuds doivent être identifiés en dégageant les biographies des notables et en établissant les réseaux dans lesquels ils évoluaient. C’est toute une trame qui est à établir. Afin de parvenir à cet objectif, les sources de l’histoire sociale fine seront privilégiées afin de répondre aux problématiques.