Le Gall Pierre

La gouvernance territoriale des productions fromagères du Massif Central de 1955 à nos jours


Thèse pour le doctorat de géographie
Co-direction :Claire Delfosse et Pierre Cornu
Année d'inscription : 2016
Bourse CIFRE, au sein du Pôle Fromager AOP Massif Central

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Projet de thèse

La thèse propose d’analyser les trajectoires effectuées par six filières d’appellation d’origine auvergnates (Cantal, saint-nectaire, laguiole, salers, fourme d’Ambert, bleu d’Auvergne) depuis 1950 à nos jours. Le sujet ainsi délimité insère notre réflexion dans les grandes transformations de l’agriculture opérées depuis la Seconde Guerre mondiale. Le « cas » auvergnat présente une composition atypique dans la production laitière française avec une construction hybride en intégrant deux éléments prépondérants de l’agriculture : les appellations d’origine et la modernisation agricole.

Dans une approche géo-historique, notre territoire d’étude comprend 3 départements : le Cantal, le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire. Nous plaçons au cœur de notre sujet les acteurs de ces filières, en analysant les choix, les motivations et les conséquences de chaque décision ayant orienté la production fromagère dans une voie en particulier. Notre sujet associe acteurs privés et publics réuni autour de la question fromagère auvergnate de ces soixante dernières années.

La thèse est constituée sur deux axes de recherche. Notre premier axe de recherche place l’appellation d’origine non comme un fait établi, mais comme un objet construit, une disposition mobilisée, appropriée, par les acteurs des filières fromagères. Dès lors, en déconstruisant les objectifs, il s’agit de comprendre les trajectoires prises durant ces décennies, les appropriations faites de ces outils législatifs. Une comparaison « interne » au territoire étudié entre des systèmes fromagers avec ou sans appellation mettra en exergue les appropriations des acteurs envers les processus de labellisation.

Notre second axe s’établit sur une autre composante dominante de l’agriculture post-Seconde Guerre mondiale : l’innovation scientifique. Comme l’ensemble de l’agriculture française, l’agriculture auvergnate est soumise à la modernisation agricole. Néanmoins, cette région se singularise par une construction atypique. Dans la même approche que celle des AO, il s’agit de déconstruire la diffusion de cette innovation scientifique dans l’agriculture auvergnate, mais également les relations établies avec l’outil appellation.

Dans les deux axes proposés, il s’agit bien d’analyser des prises de pouvoirs, d’affirmations de groupe, de profession, nécessairement à l’origine des trajectoires suivies. Des acteurs relevant à la fois de la décision, mais aussi ceux établis en tant qu’appui ou « conseil ». Dès lors, notre champs d’acteurs s’élargit du scientifique à l’agriculteur, en passant par le transformateur, l’élu local ou encore le technicien agricole. Plus que l’individu en tant que tel, c’est la structure qu’il représente qui nous intéresse plus particulièrement, ainsi que les points de contact entre les divers groupements et autres structures agricoles.

En définitive, ces deux axes de recherche se réunissent sur la question même de la qualité, de son expression, des visions etc. Il s’agit bien d’une qualité mobilisée pour le développement agricole d’une région historiquement productrice de fromage. Nous analysons donc in fine la construction sociale, scientifique et territoriale de la qualité.