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Pabion Lionel

Des loisirs militarisés : les sociétés de préparation militaire en France (années 1880-années 1930)

Thèse pour le doctorat d'histoire 
Directeur : Édouard Lynch
Année d'inscription : 2016
Contrat doctoral 2016-2019
ATER 2019-2020

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Liste des publications pdf

Projet de thèse

L’idée de nation en armes devient progressivement une réalité en France après la défaite de 1870 : en brassant la population, la conscription généralisée est un élément déterminant de l’acculturation nationale. Cette armée nouvelle est fondée sur un contingent massif soumis à un service court, ce qui nécessite, selon les autorités militaires, une formation de la jeunesse préalable à son passage sous les drapeaux.

C’est dans ce contexte que naissent les sociétés « conscriptives ». On y pratique la gymnastique, le tir, le sport. Elles se multiplient à partir des années 1880, dans le sillage des bataillons scolaires, mais surtout après 1905 : en 1914, plus de 6 000 associations agréées par le gouvernement regroupent plusieurs centaines de milliers de pratiquants, pour y préparer un « brevet d'aptitudes militaires » donnant des avantages aux conscrits une fois arrivés à la caserne. Ces associations ne déclinent pas avant d’être irrémédiablement concurrencées par le sport dans les années 1920-1930, et ce sont encore plus de 40 000 candidats qui s'inscrivent pour passer le brevet de préparation au service militaire en 1939.

Ces sociétés sont des lieux d’acculturation par des gestes, des discours, des symboles communs. Une culture militarisée prend ainsi de l’importance à la Belle Époque, dépassant largement le cadre de la caserne, pour s’immiscer jusque dans les loisirs, avec le concours actif des instituteurs, notamment via les œuvres post-scolaires. S’y intéresser permet de repenser les modalités d’apprentissage du métier de soldat par toute une génération, celle des combattants de 1914-1918, mais aussi par les générations de l'entre-deux-guerres.

Ce sont également des espaces où s’expriment des stratégies sociales et des idéologies : le soutien affiché par certains notables s’inscrit dans une forme d’évergétisme moderne, avec des objectifs moralistes et hygiénistes. La préparation militaire devient en même temps un enjeu dans la compétition politique entre républicains laïcs et catholiques conservateurs, et plus largement un des instruments de « gouvernementalité » dans la volonté de contrôler les loisirs des jeunes hommes et de diffuser un modèle de masculinité militarisée.

L’attention résolument portée au quotidien de ces associations montre néanmoins qu’il s’y déploie des pratiques ambigües. Par delà les idéologies, elles sont surtout des témoignages de la naissance de nouveaux loisirs et de nouvelles sociabilités, sous la forme associative, dans les campagnes en particulier. De ce point de vue, le rôle des pratiques conscriptives dans le développement du sport semble avoir été en partie minoré.

 

Mots-clefs : sociétés de gymnastique, sociétés de tir, histoire du sport, pratiques conscriptives, préparation militaire, militarisation, loisirs, sociabilités, associations, masculinité

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