Ferrand Malorie

Les CEG (collèges d'enseignement général) dans l'académie de Grenoble (1959-1981)

Thèse pour le doctorat d'histoire
Directrice : Pierre Cornu
Année d'inscription : 2014 

Projet de thèse

Le collège, maillon central du système éducatif, suscite depuis quelques années de virulents débats, qui semblent ne jamais avoir cessé depuis la mise en place des CEG en 1959. Ce projet de thèse s'inscrit à un croisement entre histoire et science de l'éducation mais aussi à un carrefour interdisciplinaire entre histoire, géographie et sociologie. En effet, si l'histoire de l'éducation constitue l'un des sujets de prédilection des historiens, l'enseignement secondaire, plus particulièrement le collège dans la deuxième moitié du XXe siècle demeure un domaine peu abordé. Les sociologues en revanche, se sont emparés de la question dès les années 1970, notamment à travers les problématiques de la démocratisation et de l'égalité des chances. Les CEG ont également été analysés par certains géographes, à la fois comme un outil d'aménagement du territoire et  comme facteur d'analyse dans l'étude de la mobilité.

Cette étude débute en 1959, année qui marque l'apparition des CEG avec la réforme Berthoin et s'achève en 1981, quand la politique éducative semble connaître un nouveau tournant. L'académie de Grenoble constitue pour cette étude un terreau particulièrement propice du fait de la grande diversité des territoires qu'elle comporte, entre départements en pleine croissance dans les années 1960 (Savoie, Haute-Savoie) et espaces confrontés à un exode rural (Ardèche, Drôme sud). La place du territoire et de ses incidences quant aux stratégies locales se révèle centrale.

Ce projet de thèse s'inscrit tout particulièrement dans l'axe 4 de recherche du Laboratoire d'Etudes Rurales, « vivre le rural ». Ainsi, si la dimension institutionnelle est incontournable, il s'agit essentiellement d'appréhender les CEG à travers un prisme « local ». Avec l'apparition de ces  établissements, de nouvelles stratégies locales sont développées par les acteurs endogènes  (les municipalités, les familles, les chefs d'entreprises...). Les CEG peuvent être envisagés d'une part comme des outils d'aménagement du territoire, entre maintien et mobilité de la population locale, ou encore réorganisation des polarités. D'autre part, ils sont aussi utilisés comme des outils de formation par les familles, dans une perspective de maintien territorial ou au contraire de mobilité. La diversité des stratégies locales et la place des CEG dans les territoires ruraux constituent ainsi les deux axes majeurs du projet.