Ferrand Nathalie*

Les rosiéristes de la région lyonnaise dans la production de roses (1880-1960)

Thèse pour le doctorat d'histoire
Directrice : Claude-Isabelle Brelot
 
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Projet de thèse

Dès la seconde moitié du XIXe siècle, Lyon se caractérise par une incontestable domination en matière de production et de création de rosiers, Une politique commerciale dynamique, le souci d’étendre les commandes et de rester compétitif sur tous les créneaux du métier, conduisent les rosiéristes lyonnais à conserver pendant tout le Second Empire et jusqu’aux années 1920, une position de leader sur le marché national et international en matière de création de roses nouvelles.

Ce travail entreprit sous la direction du Professeur Claude-Isabelle Brelot privilégie trois axes de recherche. Notre premier angle d’analyse porte sur les producteurs. Ceux-ci, également appelés obtenteurs, appartiennent à l’excellence du monde horticole et sont, à ce titre, sujets de l’histoire des élites professionnelles. Le second niveau d’approche vise à l’étude de la consommation, de la mode et des sensibilités. C’est parce qu’on leur attribue une signification symbolique que l’histoire des roses enrichit l’étude des sensibilités et des relations sociales. Identifiées au raffinement et à l’élégance, les roses représentent un moyen pour une clientèle distinguée de se conformer aux exigences de son rang. Liées à la problématique précédente, l’élaboration des variétés et le commerce des rosiers ouvrent sur une étude des marchés et de la production. Dépendantes d’une catégorie très spécifique de consommateurs, les exploitations rosicoles trouvent leur place auprès des micro-entreprises qui travaillent à une production de haute qualité. Si elles n’occupent qu’un petit nombre de personnes, leu réussite s’appuie sur un savoir-faire bien établi.

Ces différents axes de recherche sont envisagés par association d’une approche micro-historique et d’une étude macro-historique. Approche macro-historique, dans la mesure où, en l’absence de statistique antérieure à 1960, il nous faut reconstituer le marché à partir des archives d’entreprise. Mais aussi analyse conduite à l’échelle de l’histoire fine pour identifier la sensibilité de l’obtenteur et les goûts des élites qui font et lancent la mode. Les archives commerciales conservées par les descendants permettent un travail solide et argumenté sur l’éventail de la production et son évolution ainsi que sur les aspects commerciaux, économiques et financiers. Quant à l’étude du groupe professionnel, elle nécessite également la constitution d’un corpus établi dans le long terme, sur plusieurs générations.

En définitive, cette recherche entend apporter des éléments nouveaux à la connaissance d’un marché étroit déterminé par la mode. Elle a pour ambition d’ouvrir des pistes de réflexion pour une histoire sectorielle adossée à des parcours familiaux et à une connaissance précise des clientèles.

Mots-clés : Rosiéristes, roses, roseraies, flore, horticulture, pépinières, pépiniéristes, commerce, goût, clients, région lyonnaise.